Tout savoir sur Morrigann Moonshadow – Interview questions réponses

Bonjour à Tous !

On débute cette semaine avec une interview de …….. Morrigann Moonshadow !

Un grand merci d’abord pour avoir accepté très gentiment cet interview qui a pris beaucoup de temps par la qualité des réponses fournies.

Je le dis et je le répète un ENORME MERCI !!

 

  1. Qui est Morrigann Moonshadow ?

 

Qui est Morrigann MoonshadowAngliciste médiéviste de formation, mon parcours universitaire et mes années passées dans la recherche ont à la fois nourri et structuré mon approche et ma pratique de la cartomancie. Bilingue, j’ai eu la chance de pouvoir travailler certains supports directement à partir des sources originales, sans passer par les chemins détournés de la traduction ou du commentaire. Tout ceci a bien sûr été approfondi par des recherches complémentaires grâce aux nombreux et excellents ouvrages anglophones sérieux qui existent, ce qui m’a aidée à construire l’approche que je développe aujourd’hui dans ma pratique de cette discipline.

C’est donc tout naturellement que ma passion pour la cartomancie, qui était déjà bien présente à mon entrée à l’université, a rencontré la rigueur et la méthodologie de la recherche, d’où l’orientation raisonnée que j’ai souhaité donner à mes activités professionnelles et la démarche scientifique que j’ai voulu y développer. En effet, je m’appuie principalement sur la connaissance, la logique et les capacités d’analyse qui doivent compter parmi les principales qualités du cartomancien s’il veut être un bon interprète. Au départ, l’ésotérisme et les multiples disciplines qui y étaient rattachées était considéré comme une science dure car on l’envisageait alors comme quelque chose d’exact. Aujourd’hui, il fait partie des sciences humaines car on en étudie surtout les aspects culturels et symboliques. Les aspects pratiques ne sont pas pour autant oubliés, loin de là, mais la théorie et la richesse de l’étude viennent nourrir la pratique. Ainsi, on admet que la pratique s’inscrit nécessairement dans les cadres posés par les influences culturelles.

C’est pourquoi je défends l’idée d’une cartomancie raisonnée et rationnelle, qui s’appuie d’abord sur la connaissance du support et sur son étude minutieuse, sans laquelle il est impossible d’articuler des interprétations de symboles cohérentes et pertinentes. C’est ce que j’ai commencé à développer d’abord sur mon blog à partir de 2006, puis sur mon site professionnel depuis la création de mon entreprise en 2012.

Bien que ces deux espaces partagent souvent les mêmes lecteurs, le blog s’adresse surtout à ceux et celles qui, passionnés de cartomancie ou curieux à la recherche d’informations sérieuses, souhaitent approfondir leur connaissance de cette discipline fascinante. Ainsi, les visiteurs y trouveront des articles pratiques sur la cartomancie et les questions qui peuvent se poser à son sujet, des méthodes de tirage mises au point par mes soins pour toutes sortes de besoins et d’occasions, mais aussi des critiques détaillées d’ouvrages et de jeux. Ceux qui envisagent de devenir professionnels pourront également y lire des contenus qui les y aideront.

Le site présente quant à lui mes activités professionnelles : consultations (en face à face et à distance), cours particuliers et formations à distance bien sûr, mais aussi des rencontres sous forme d’ateliers ludiques tels que les thés découverte, qui permettent d’explorer la multitude de jeux divinatoires grâce à des thèmes mettant en relief toute la richesse des supports existants. Depuis 2017, d’autres ateliers ont rejoint les thés découverte. Ceux-ci prennent la forme de réunions de détectives au cours desquelles nous menons l’enquête avec le Rider-Waite Smith Tarot ou l’Oracle Belline (selon les séances) sur des mystères historiques et littéraires.

Ma passion, qui demeure la base de mes activités professionnelles, est présente à tous les niveaux dans les services que je propose. J’ai à cœur de faire en sorte que le consultant ou l’élève passe un agréable moment et que la découverte ou la pratique de la cartomancie lui soit plaisante. Pour ce faire, je propose toujours plusieurs jeux pour les consultations en face à face afin que le consultant choisisse celui qui lui plaît le mieux ; durant les cours, je présente au fur et à mesure que nous avançons plusieurs variantes du support étudié pour que l’élève puisse avoir une idée des jeux qu’il peut manipuler. En parallèle à ces aspects ludiques, je garantis une éthique solide à laquelle je ne déroge jamais, car il me semble indispensable d’établir un cadre sécurisant pour qu’une relation de confiance s’instaure avec les personnes qui me consultent ou que j’accompagne dans leur apprentissage.

 

  1. Pourquoi un tel engouement pour l’ésotérisme ?

 

Pourquoi un tel engouement pour l’ésotérismeIl m’est difficile d’expliquer mon intérêt pour l’ésotérisme car comme mes autres passions, celle-ci m’accompagne depuis très longtemps et fait partie de moi, contribuant à part entière à mon identité. Depuis toujours, les mythes, les mythologies, les légendes et le folklore me passionnent car les histoires évoquant les fonctionnements du Monde, auxquels elles apportent des explications, me fascinent.

À travers mon parcours universitaire, j’ai eu la chance de pouvoir étudier des thèmes qui m’étaient chers, comme par exemple les littératures, mythologies et civilisations celtiques, nordiques et germano-scandinaves, et vieil- et moyen-anglaises, qui comptent parmi mes domaines de spécialités. Explorer ces aspects liés au monde médiéval anglais m’a permis de comprendre comment fonctionnaient ces anciennes sociétés et comment elles envisageaient le Monde. Durant mes recherches, j’ai pu approfondir ces pistes et examiner en détail les relations qu’elles entretenaient avec le plan sacré ainsi que les interactions qu’elles admettaient entre le plan sacré et le plan profane.

Or, l’une des grandes problématiques abordées en ésotérisme est justement le rapport que l’on a au Monde et aux deux plans qui le composent. Ce sont d’ailleurs ces mêmes problématiques qui sont posées dès lors que l’on s’intéresse à la spiritualité, dont certaines formes sont connectées à l’ésotérisme dans les raisonnements qu’elles développent et dans la manière dont on les met en pratique.

Ces années de recherche et d’études m’ont permis non seulement d’acquérir de solides connaissances en la matière, mais aussi de bâtir mes réflexions de façon raisonnée afin de trouver les réponses à certaines des questions que je me posais ou que j’étais venue à me poser en allant de découverte en découverte. Ainsi, j’ai trouvé ma voie en termes de spiritualité, ce qui m’a permis de comprendre beaucoup de choses sur moi-même et sur la manière dont j’appréhendais le Monde. Tout ceci s’est bien sûr construit au fil des ans et continuera encore à se construire indéfiniment, car c’est un chemin fascinant et l’apprentissage y est infini !

Bien que j’aie commencé la cartomancie assez jeune et que j’eusse déjà de solides bases techniques et une bonne expérience, tout ceci est venu nourrir ma démarche et la manière dont j’envisage la discipline que je pratique aujourd’hui à titre professionnel. Ainsi, au-delà de la dimension divinatoire du tarot et des oracles que j’utilise, j’ai pu saisir la dimension spirituelle qui est véhiculée par ces supports mais trop souvent négligée dans la pratique. Voilà qui m’a donc ouvert des perspectives très intéressantes, que j’ai toujours beaucoup de plaisir à explorer.

Pour résumer, je dirais que ce qui fait aujourd’hui que je m’intéresse à l’ésotérisme est sans doute l’aspect non fini de cette discipline, où il y a toujours à apprendre. De plus, la cartomancie, lorsqu’elle est employée à bon escient, apporte une aide non négligeable à celui qui veut comprendre sa situation et avoir un aperçu des possibilités qui s’offrent à lui. Les cartes mettent alors en évidence les aspects et les fonctionnements inconscients et cachés de ce qu’il vit, lui révélant ainsi des éléments qui l’aideront à construire les stratégies qui lui sembleront appropriées. Mieux on comprend le Monde et ses fonctionnements, mieux l’on se comprend soi-même et ce qui nous arrive. Cela fait partie de ce qui me fascine en ésotérisme, car ce domaine ouvre d’innombrables portes lorsqu’on l’étudie !

 

  1. Vous avez commencé avec le Petit Lenormand que vous avez reçu en cadeau, pouvez-vous nous en dire plus sur vos premiers tirages et l’avez-vous encore ?

 

cadeau tarot le normandC’est exact : mon premier jeu était le Petit Lenormand, qui m’a été offert alors que j’avais à peu près onze ou douze ans. Une collègue de ma mère l’avait gagné à la loterie mais comme elle ne tirait pas les cartes, elle l’a donné à ma mère à mon intention car elle savait que je m’intéressais à ce genre de choses. De nature curieuse, j’aime apprendre, mais aussi comprendre les choses et comment elles fonctionnent. Très vite, j’ai donc voulu me plonger dans ce jeu et voir comment il fonctionnait. À l’époque, la multitude d’ouvrages dont on dispose aujourd’hui sur le Petit Lenormand – et sur les autres jeux d’usage courant – n’existait pas. Il m’a donc fallu composer avec le livret accompagnateur ce qui, il faut bien l’avouer, ne fut pas chose aisée en raison du caractère très succinct des explications qui y étaient consignées. J’ai procédé méthodiquement, en reconstituant le tirage exemple inclus dans le livret et en essayant de comprendre l’interprétation qui en était proposée. Les premiers temps, je ne parvenais pas à comprendre comment il fallait procéder. Du coup, j’ai laissé le jeu de côté quelque temps, sans toutefois désespérer. Quelques semaines plus tard, j’ai recommencé et me suis concentrée sur le tirage exemple avec un œil neuf et, en suivant encore une fois les explications du livret, j’ai enfin réussi à comprendre les mécanismes de la Grande Image.

Je me suis alors entraînée à effectuer des tirages, d’abord sur moi-même, puis sur mes proches. Très vite, j’ai obtenu des résultats étonnants tant les tirages révélaient des situations présentes et des événements passés ou à venir. Mon intérêt pour le Petit Lenormand s’est rapidement développé et mes méthodes d’analyse et d’interprétation se sont affinées, si bien qu’au bout de quelque temps je tirais les cartes pour certains camarades de classe (j’étais alors au collège) puis à certains de mes professeurs au lycée.

Ces derniers, parfois sceptiques au départ, étaient très surpris de l’exactitude des éléments mis en avant dans les tirages. Je me souviens même de mon professeur d’italien qui a pleuré d’émotion lorsque je lui ai confirmé sa séparation prochaine et son retour en Italie, où elle exercerait à nouveau le métier qui fut le sien avant qu’elle ne vienne en France. J’étais très embarrassée par ses larmes, car je n’avais ni souhaité ni anticipé cette réaction, mais elle me dit qu’il ne fallait pas m’inquiéter car il s’agissait de larmes de soulagement et d’émotion puisque je venais de lui décrire des choses dont elle ne m’avait pas parlé.

D’autres expériences du même type ont suivi, et très vite, mon Petit Lenormand ne m’a plus quittée ! Il m’accompagne d’ailleurs encore aujourd’hui, mais je ne m’en sers que pour mes tirages personnels en raison de sa valeur sentimentale. Pour les cours et les tirages que je propose au public, j’utilise un exemplaire réservé à mes activités professionnelles.

 

  1. Quel déclic avez-vous eu pour en faire votre métier ?

 

declic métier tarotJe ne parlerais pas exactement de « déclic » quant à ma décision de faire de la cartomancie mon métier, mais plutôt d’une idée qui a germé petit à petit suite à plusieurs événements et rencontres. Lorsque j’ai commencé à tirer les cartes, je ne pensais pas devenir professionnelle un jour, pas plus que pendant mes études puisque celles-ci auraient dû me mener à une autre carrière. Pourtant, les chemins que j’avais empruntés finissaient toujours par me ramener à cette passion et contribuaient sans cesse à son enrichissement, sans que je considère sérieusement cette voie comme une option. Je me souviens même avoir fait un tirage dans un moment de doute car je souhaitais avoir un aperçu de l’évolution des choses : les cartes indiquaient que ma vie allait prendre un tournant inattendu et que j’allais m’orienter vers une activité ésotérique. Bien sûr, sur le moment, je n’y ai pas cru car j’étais en train de construire autre chose. Lorsque je repense aujourd’hui à ce tirage et à mon incrédulité face à celui-ci, je ne peux que m’en amuser.

Durant mes études, j’ai ouvert mon blog qui s’est peu à peu orienté vers l’ésotérisme et la cartomancie, qui en sont devenus les principaux thèmes. L’envie d’échanger avec d’autres passionnés m’a aussi menée à participer à des forums, puis à créer le mien. J’ai alors été confrontée à certaines réalités d’un milieu où les personnes réellement bien intentionnées sont rares et où les profiteurs sont légion. À cela s’ajoutent l’obscurantisme et les superstitions que beaucoup refusent d’abandonner car ils se sentent rassurés au sein de ces schémas mentaux. Pourtant, dès lors qu’il s’agit de s’approprier le travail d’autrui, on trouve du monde ! Je me souviens de certaines personnes qui, sous prétexte d’apprendre le tarot, me demandaient à travers la messagerie privée de les aider à comprendre et à interpréter leurs tirages. Désireuse de faciliter leur apprentissage, je rédigeais mes analyses en expliquant chaque point et les leur envoyais, jusqu’à ce qu’un jour je remarque que les différents tirages ne s’inscrivaient pas dans la continuité les uns des autres et semblaient évoquer des situations différentes. Après une brève recherche sur mon moteur de recherche préféré, je découvris le pot-aux-roses : ces personnes avaient déclaré une activité professionnelle et se faisaient payer… sur mes interprétations ! Inutile de préciser que je n’ai pas beaucoup apprécié que l’on se fasse de l’argent sur mon dos et à mon insu !

J’en ai parlé aux personnes de mon entourage qui connaissaient mes activités ésotériques, et elles m’ont encouragée à penser à professionnaliser ma pratique de la cartomancie. Sur le moment, je ne pensais pas avoir les capacités de devenir professionnelle, mais je me suis vite dit que tant qu’à faire, si quelqu’un devait gagner de l’argent grâce à mes interprétations, autant que ce soit moi ! Pourtant, j’avais toujours du mal à franchir le cap, car je ne me sentais pas légitime… jusqu’à ce que je rencontre des professionnels de renom et des éditeurs qui m’ont en quelque sorte remis les pieds sur terre en m’encourageant à leur tour et en me rassurant sur mes compétences !

L’idée a fait son chemin et convaincue par les avis objectifs et les vifs encouragements de ces professionnels, je me suis posé la question de la faisabilité du projet. J’ai alors examiné les différentes possibilités qui s’offraient à moi en termes de statuts, les obligations légales et les aspects administratifs inhérents à chacun. Vint ensuite la phase de création d’entreprise à part entière, avec la réflexion sur les services à proposer, les tarifs à pratiquer, l’organisation à adopter, etc. Une fois tous ces points clarifiés et toutes les questions élucidées, j’ai pu créer mon entreprise en déclarant mon début d’activité.

Les premiers temps, j’ai continué à enseigner dans le supérieur afin de m’assurer de pouvoir développer mon activité sereinement. Aujourd’hui, la cartomancie est mon métier à part entière et je suis très heureuse de cette décision longuement réfléchie, car elle me permet d’allier différents aspects qui sont importants à mes yeux. Le fait d’être travailleur indépendant me convient parfaitement, et je suis heureuse de pouvoir aider mes consultants à trouver des solutions à leurs préoccupations. Mes élèves bénéficient d’une pédagogie qui s’appuie sur la rigueur du raisonnement et de l’analyse, et les activités de découverte et de pratique que je propose m’amènent à intégrer des références mythologiques et littéraires qui ravissent les plus curieux.

La professionnalisation de mon activité est donc le fruit d’une longue évolution et d’une profonde réflexion qui s’est déroulée en trois temps : une mauvaise surprise qui m’a menée à considérer l’idée, les encouragements qui m’ont donné confiance en moi, et la phase de concrétisation. Tout ceci ne s’est pas fait du jour au lendemain mais a nécessité de longs mois de questionnements et de recherches !

 

  1. Comment vos proches ont-ils réagi à cette orientation professionnelle ésotérique ?

 

orientation professionnelle ésotériqueSi beaucoup appréhendent la réaction de leur entourage ne serait-ce qu’à l’annonce de la pratique d’activités ésotériques, cela n’a jamais été mon cas. Comme je l’ai dit plus haut, l’ésotérisme a toujours compté parmi mes passions et fait donc partie de mon identité. Toutefois, il y a une différence entre un centre d’intérêt qui tient du loisir et sa pratique professionnelle. Une activité « non conventionnelle » et indépendante soulève beaucoup de questions et de doutes, non parce qu’elle dérange par nature, mais plutôt parce que beaucoup considèrent que l’on s’aventure vers l’inconnu et l’imprévisible ce qui, dans l’absolu, est vrai. Cependant, c’est aussi le cas de nombreuses autres professions qui nécessitent patience, persévérance et beaucoup de travail pour devenir pérennes. En d’autres termes, nul ne peut savoir si l’aventure est viable avant qu’elle soit lancée, et c’est aussi ce qui rend cette activité si intéressante et si stimulante.

Si on laisse de côté les inquiétudes engendrées par les aspects concrets, le fait que je décide de professionnaliser ma pratique de la cartomancie n’a jamais posé problème à mon entourage, qui non seulement m’y a encouragée, mais qui m’a aussi soutenue dans la phase de création de mon entreprise. Par ailleurs, les proches qui étaient au courant ont trouvé plutôt courageux le fait que je décide de joindre l’utile à l’agréable, car il est assez rare de pouvoir espérer vivre d’une passion. Ils étaient aussi – et bien évidemment ! – heureux que je fasse tout ce qui était en mon pouvoir pour exercer une activité qui me correspondait pleinement et dans laquelle je me sentais bien.

En ce qui concerne les personnes que je côtoie dans mon cercle privé, je n’ai jamais reçu de réaction hostile par rapport à mon activité, bien au contraire. Il m’est même arrivé d’être surprise de l’intérêt que pouvait susciter ce métier bien souvent méconnu. En effet, je me suis rendu compte que bien que nombreuses sont les personnes qui ne parlent ni d’ésotérisme ni de cartomancie, beaucoup s’y intéressent sans l’évoquer spontanément, sans doute par crainte du jugement d’autrui ou parce que la relation que l’on a habituellement avec ces domaines touche habituellement à l’intime. Pourtant, lorsqu’on aborde ces sujets avec elles, on s’aperçoit qu’elles saisissent l’opportunité d’échanger autour de ceux-ci et qu’elles s’y intéressent alors qu’a priori, rien ne le laissait paraître.

Très souvent, ces personnes n’ont été qu’à moitié surprises que la cartomancie devienne mon métier. Elles connaissaient bien sûr mon esprit cartésien, logique et rationnel, tout en sachant que je m’intéressais de près aux mythes, aux mythologies, aux littératures et à tout ce qui en découlait. Il ne leur a donc pas été difficile de faire le lien entre tous ces domaines et au final, elles ont trouvé que cette orientation coulait de source.

Aujourd’hui, mon métier continue d’éveiller la curiosité de mon entourage et c’est toujours avec plaisir que je réponds aux questions qui me sont posées, dans la limite de ce que me permet l’éthique bien sûr. Cela donne lieu à des échanges très enrichissants et fait même parfois naître un certain intérêt chez des personnes qui au départ avaient des idées préconçues quant aux réalités de cette activité !

 

  1. Beaucoup de personnes s’intéressent aux tarots, quels conseils donner aux débutants ?

 

quels conseils donner aux débutantsLorsqu’on s’intéresse à la cartomancie et que l’on souhaite apprendre à manipuler un ou plusieurs jeux divinatoires, il est nécessaire d’être attentif à quelques points essentiels pour s’assurer d’acquérir de solides connaissances et une bonne méthode de travail qui garantiront une pratique saine par la suite. Bien sûr, tout ce dont il va être question ici est valable pour un apprentissage en solitaire comme pour un apprentissage accompagné.

Le premier conseil que je donne à ceux qui souhaitent apprendre la cartomancie est de faire preuve de patience. Par expérience, les élèves veulent apprendre rapidement, et beaucoup s’imaginent qu’ils pourront tirer les cartes en quelques séances à peine et proposer leurs services à leur entourage. Pourtant, rien n’est plus éloigné de la réalité. Lors de la première séance de cours – voire dès la prise de rendez-vous –, il n’est pas rare que l’on me demande en combien de temps on saura tirer les cartes. Or, il est impossible de répondre à une telle question, car la durée de l’apprentissage des bases dépend de chacun, comme lorsqu’on apprend une langue étrangère ou la musique. En cours particuliers, le programme est flexible puisqu’on avance au rythme de l’élève et selon sa facilité à assimiler les différentes notions abordées. On s’adapte donc à chacun et, comme chacun est différent, chacun a des besoins qui lui sont propres. Aussi, le temps passé pour arriver au même point varie d’une personne à l’autre. Bien sûr, lorsque l’apprentissage se fait sous forme de stage ou de formation, les choses sont un peu différentes. On établit un programme non flexible qui garantit de voir un certain nombre de notions en un nombre d’heures prédéfini, mais cela ne garantit en aucun cas que l’élève aura tout assimilé à la fin du stage ou de la formation. Or, il est indispensable de progresser pas à pas, chacun à son rythme, afin de bien assimiler les bases avant de passer à des choses plus complexes. Ce n’est pas parce que quelqu’un avancera rapidement dans son apprentissage qu’il aura de meilleures connaissances, une meilleure technique, ou une meilleure compréhension de ses cartes !

Mon deuxième conseil découle directement du premier. Beaucoup d’aspirants cartomanciens laissent tomber leur apprentissage au bout de quelque temps, c’est-à-dire dès que les premières difficultés apparaissent. Or, sans se confronter aux difficultés et sans les dépasser, nulle progression n’est possible ! Chaque domaine d’apprentissage comporte son lot de difficultés, et ce n’est qu’en persévérant que l’on peut espérer s’améliorer. Quelle que soit la discipline que l’on étudie, il est indispensable de ne pas se laisser abattre facilement. En renonçant à la première difficulté, on se prive de la satisfaction d’avoir appris des choses et de constater les progrès. Beaucoup pensent à tort que la cartomancie est une discipline « facile » qui ne nécessite pas de connaissances et encore moins de cadres ou de rigueur. Rien n’est moins vrai, et lorsque ces personnes se trouvent confrontées aux réalités de cet art, elles sont décontenancées et abandonnent rapidement, ce qui est bien dommage. La persévérance compte donc parmi les principaux alliés dans l’apprentissage de la cartomancie !

Le point suivant rejoint les deux précédents et les prolonge. Comme tout apprentissage, celui de la cartomancie requiert ordre, méthode et rigueur. Contrairement à une idée reçue malheureusement trop répandue, bien apprendre la cartomancie nécessite une discipline plutôt rigoureuse, sans quoi on a vite fait de s’égarer et de tomber dans une fausse facilité qui nous entraînerait vers des chemins pavés d’erreurs. Pour éviter ces pièges, il est important d’avancer pas à pas et d’adopter une démarche critique par rapport à ce qu’on peut lire. Attention toutefois, car « critique » ne signifie pas que l’on va systématiquement remettre en question et discréditer tout ce que l’on trouve, bien au contraire ! Il s’agit plutôt ici de garder une approche rationnelle et de confronter son bon sens et sa logique à ce qu’on lit ou, dans le cas où l’on est accompagné, à ce que l’on nous dit. À l’inverse de ce que certains veulent bien faire croire, la cartomancie est une discipline très terre à terre, qui s’appuie avant tout sur la connaissance et l’analyse de symboles, ce qui permet de faire émerger un langage que l’on décrypte parce qu’on en connaît les codes et que l’on est capable de les articuler pour en faire ressortir le sens. C’est pourquoi les informations que l’on trouve sur son chemin doivent être traçables – c’est-à-dire que l’on doit pouvoir remonter à leurs sources – et qu’une différence claire doit être faite entre ce qui est de l’ordre du factuel et ce qui relève de l’opinion. Chaque système et chaque support divinatoires s’inscrit dans une tradition bien définie qu’il est important de respecter pour faire une bonne utilisation du ou des jeux que l’on manipule. Dès lors, on comprend que la cartomancie fonctionne selon des cadres qu’il est indispensable de connaître et d’identifier pour en adopter une pratique pertinente et saine.

Étudier son ou ses supports en adoptant une approche raisonnée et rationnelle permet de se détacher des superstitions et des croyances qui entourent la cartomancie, et je ne peux qu’encourager ceux qui s’intéressent à cette discipline à aller en ce sens. La cartomancie n’est pas une affaire de superstitions ni même un acte magique, et nul rituel n’est nécessaire pour en activer les fonctionnements ou pour la rendre plus efficace. Ceci n’exclut pas pour autant certains petits gestes ou habitudes qui permettent au cartomancien de se sentir plus à l’aise ou facilitent sa concentration, mais il faut toujours garder à l’esprit que tout ceci n’est que symbolique et n’a aucune incidence mécanique sur les tirages.

En résumé, la patience est de mise lorsqu’on s’intéresse à la cartomancie et que l’on souhaite l’apprendre. Il ne sert à rien de vouloir aller trop vite, car ce faisant on finira inévitablement par perdre du temps à cause de notions que l’on maîtrisera mal et que l’on n’aura pas pris la peine d’approfondir. Le chemin se révèle souvent accidenté et quelles que soient les difficultés rencontrées, il faut s’efforcer de persévérer, sans quoi il sera impossible d’avancer. C’est pourquoi il est important de progresser pas à pas, avec rigueur et discipline. Adopter de bonnes méthodes de travail reste la clef de tout apprentissage, et ce quelle que soit la discipline étudiée. Un point de vue critique permet de construire une pratique saine et dénuée de tout non-sens, affranchie des superstitions et fondée sur de solides compétences.

 

  1. Avez-vous un jeu de tarot à recommander en particulier ?

 

tarot à recommander en particulierAvec une collection qui avoisine – ou dépasse, il y a un moment que je n’ai pas compté ! – les trois-cents jeux, il y a plus d’un support que je recommande aux amateurs de cartomancie, qu’ils pratiquent cet art ou qu’ils apprécient tout simplement les beaux objets de collection. Je vais donc procéder ici par type de jeux afin que chacun puisse trouver de quoi pousser plus loin ses explorations. Mais avant cela, quelques rappels s’imposent quant à la nature des différents supports qui existent.

En effet, il faut tout d’abord distinguer ce qui est un tarot et ce qui ne l’est pas. Pour rappel, un tarot est un jeu divinatoire comportant soixante-dix-huit lames, dont vingt-deux majeures et cinquante-six mineures. Cette structure est fixe est immuable. Par conséquent, le terme tarot ne fait pas allusion à l’ensemble des supports divinatoires, pas plus qu’il n’est une formule courte désignant uniquement le tarot de Marseille, car il existe plusieurs types de tarots, dont chacun présente une vision du Monde qui lui est propre. Ainsi, le tarot de Marseille s’inscrit dans un système judéo-chrétien tandis que le Rider-Waite Smith Tarot adopte un point de vue universaliste et areligieux, mais non dénué de mythes. Ces deux traditions sont très différentes l’une de l’autre et il est important de savoir les reconnaître. Le Thoth Tarot d’Aleister Crowley constitue lui aussi une forme de tarot à part entière puisqu’il met en avant un système symbolique et une structure qui lui sont propres car ils s’appuient sur les concepts développés par l’auteur. En plus des trois traditions qui viennent d’être évoquées, on trouve également des jeux dits « mixtes », c’est-à-dire des supports qui combinent au moins deux systèmes, mais aussi des jeux qui développent leur système particulier, ce qui en fait des outils uniques.

Les jeux Lenormand forment également un ensemble car ils ont leur propre système de lecture, qui les différencie du tarot ou des autres oracles. Ainsi, un Petit Lenormand est toujours composé de trente-six cartes – excepté lorsque des créateurs de jeux décident d’en ajouter en sus – tandis que le Grand Lenormand en comporte cinquante-quatre. Ces jeux s’inspirent des méthodes de tirage et d’interprétation que l’on pratiquait au XVIIIème siècle, période à laquelle la cartomancie s’est largement répandue en tant que pratique divinatoire populaire en France.

Enfin, les oracles sont des jeux qui ne s’inscrivent dans aucun système fixe ou prédéfini mais qui ont chacun une structure et un nombre de cartes qui leur sont propres. Parmi les plus connus, on trouve par exemple l’Oracle Belline, l’Oracle Gé, l’Oracle de la Triade, et bien d’autres encore, dont certains sur lesquels je reviendrai un peu plus loin. Chaque oracle est donc unique, à la fois dans son langage symbolique, dans sa structure… et parfois dans son fonctionnement !

Il existe de nombreuses réécritures et variantes des principaux systèmes divinatoires. Par exemple, si l’on s’intéresse à ce qui a évolué au fil du temps pour devenir ce que l’on connaît aujourd’hui en tant que tarot de Marseille, on sera heureux de se plonger notamment dans le fascinant Visconti-Sforza (Race Point Publishing, 2013 ; Lo Scarabeo, 2013) qui date du XVème siècle et est le plus ancien tarot connu à ce jour, ou encore dans le Tarot de Jacques Viéville (1650) ou le Tarot de Nicolas Conver dont l’original date de 1760 et se trouve à la BNF.

La tradition Rider-Waite Smith quant à elle est celle qui compte le plus grand nombre de réécritures car le fait que l’intégralité des lames soit illustrée est une source d’inspiration pour les artistes et les créateurs de jeux qui y voient d’infinies possibilités. À cela s’ajoute la vision universelle et areligieuse qu’elle présente du Monde, ce qui fait de ce type de jeux un support qui convient au plus grand nombre. C’est pourquoi la grande majorité des tarots qui sont produits aujourd’hui relève de ce système, qui est donc le plus utilisé. Cette tradition déploie ainsi un large éventail de thèmes et de styles, et quels que soient ses centres d’intérêts et ses goûts, chacun y trouvera des jeux qui lui plairont. J’aime tout particulièrement The Halloween Tarot de Karin Lee et Kipling West (U.S. Games Systems, Inc., 1996), qui transpose avec ingéniosité le langage symbolique du Waite dans l’univers d’Halloween à l’aide d’éléments caractéristiques de cette fête. Ce jeu convient parfaitement aux débutants qui commencent à maîtriser les bases du Waite car il leur permet de s’évader du modèle original. Dans un autre registre, le Happy Tarot de Serena Ficca (Lo Scarabeo, 2015) reprend lui aussi scrupuleusement la symbolique du Waite en l’illustrant au moyen de bonbons, de gâteaux et autres confiseries, le tout dans un univers sucré à souhait. Voilà qui offre un jeu amusant et léger dans le ton qu’il adopte, sans toutefois édulcorer les interprétations des lames, qui conservent toutes leurs significations. J’ai remarqué que ce tarot était très souvent choisi par les consultants qui viennent avec des problématiques lourdes, car il les aide à relativiser et à prendre du recul sur leur situation.

Que l’on aime la littérature, les mythologies ou les fées, que l’on s’intéresse aux traditions occultes et ésotériques ou néo-païennes, il y a de quoi faire ! Nombreux sont en effet les jeux qui explorent ces aspects – et bien d’autres encore ! – de façon habile et originale, sans trahir la symbolique fixée par le jeu de départ mais en l’enrichissant sans cesse afin d’apporter des nuances que l’interprète saura exploiter dans ses analyses. Il m’est impossible de citer tous ls jeux intéressants ici, c’est pourquoi je reviendrai un peu plus loin sur des artistes et auteurs remarquables dans l’univers passionnant de la création de jeux.

Les jeux Lenormand – surtout le Petit – connaissent une véritable renaissance depuis quelques années. Si pour commencer l’étude de ce support je recommande toujours de passer par l’édition Carta Mundi qui permet de se familiariser avec les cartes et avec leurs fonctionnements, j’encourage ceux et celles qui maîtrisent les bases à varier les plaisirs et à utiliser d’autres versions de cet excellent support. Par exemple, The Enchanted Lenormand Oracle de Caitlín Matthews et Virginia Lee (Watkins Publishing, 2013) transpose les symboles du Petit Lenormand dans une dimension empreinte de magie, de féerie et d’onirisme. Les créatrices ont même intégré des cartes supplémentaires qui peuvent être utilisées ou non selon les besoins, dont une qui rend un bel hommage à Mlle Lenormand. Dans un style différent, j’aime aussi beaucoup le très élégant Under the Roses Lenormand de Kendra Hurteau et Katrina Hill (U.S. Games Systems, Inc., 2014), qui présente lui aussi des cartes supplémentaires pour l’Enfant, le Monsieur et la Dame. Cette attention tend d’ailleurs à se généraliser dans de nombreux Petits Lenormand de nos jours, car il est important de pouvoir représenter le consultant et son(/sa) conjoint(/e) le plus fidèlement possible. Ainsi, les couples mixtes et/ou homosexuels peuvent désormais être directement représentés dans le tirage que l’on effectue pour eux. Parmi mes Petits Lenormand favoris se trouvent également le magnifique Fairy Tale Lenormand d’Arwen Lynch et Lisa Hunt et le surprenant Dreaming Way Lenormand de Lynn Araujo et Kwon Shina. Le premier explore avec finesse les contes de fées du monde pour les rapprocher du langage symbolique du Petit Lenormand et en faire ressortir les richesses et les subtilités. Le second adopte un point de vue surréaliste, rendant ainsi hommage à ce courant artistique à travers des interprétations visuelles inventives et non dénuées d’humour.

Les oracles forment quant à eux un ensemble disparate, ce qui n’empêche pas de voir certains d’entre eux se détacher du lot. Si j’ai déjà évoqué certains « classiques » plus haut, je vais me concentrer ici sur mes favoris. Tout d’abord, Madame Endora’s Fortune Cards de Christine Filipak et Joseph Vargo (Monolith Graphics, 2003) est vite devenu pour moi un incontournable en raison bien sûr des splendides illustrations qui le composent, mais aussi des diverses mythologies et traditions qui y sont représentées et que j’affectionne tout particulièrement. J’apprécie également beaucoup les oracles créés par Lucy Cavendish et Jasmine Beckett-Griffith, qui s’inspirent eux aussi de différents folklores, mythologies et traditions et qui permettent de belles explorations, en particulier sur le plan introspectif.

Bien sûr, il m’est impossible d’évoquer ici tous les jeux que je recommande car ils sont bien trop nombreux ! Toutefois, afin de compléter les quelques pistes présentées ci-dessus, j’aimerais mentionner quelques artistes dont le travail est remarquable et mérite que l’on s’y intéresse tout particulièrement. Ceux et celles qui s’intéressent aux mythologies, contes et légendes du monde pourront se plonger sans modération dans les différents supports créés par Lisa Hunt, dont le style est reconnaissable entre mille. Tarots, oracles, Petit Lenormand, il n’y a qu’à choisir ! Les amateurs de mythologies, de littérature et d’art apprécieront aussi les jeux créés par Kris Waldherr. Si l’on s’intéresse au Néo-Paganisme et aux mythes qui le constituent, on pourra se tourner vers les supports illustrés par Mickie Mueller et prolonger l’exploration avec le superbe Green Witch Tarot (Llewellyn, 2015) illustré par Kiri Østergaard Leonard. Enfin, je ne peux terminer sans évoquer le  Chrysalis Tarot de Toney Brooks et Holly Sierra (U.S. Games Systems, Inc., 2014), qui se distingue non seulement par la splendeur des illustrations de Holly Sierra, mais aussi par son originalité puisque se tarot développe son propre système.

Comme on peut le voir, il existe un grand nombre de jeux, et chacun trouvera ce qui lui plaît et lui convient en fonction de ses goûts et de ses affinités. Il est impossible de couvrir ici l’intégralité des thèmes abordés par les différents types de jeux, de même qu’il est impossible d’évoquer tous les supports qui présentent un intérêt particulier. J’espère que les quelques pistes abordées ici encourageront chacun à sortir des sentiers battus et à explorer de nouveaux horizons. Ceux qui le souhaitent peuvent aussi approfondir leurs explorations grâce aux thés découverte que j’organise et qui se tiennent une fois par mois. Après chaque rencontre, un article est publié sur le blog du site, ce qui permet d’avoir un aperçu du thème traité et de voir quels jeux ont été présentés. Les amateurs de supports de qualité y dénicheront bien des trésors !

 

  1. Quels conseils à donner pour une personne qui consulte pour la première fois ?

 

une personne qui consulte pour la première foisLorsqu’on consulte pour la première fois – et même au-delà –, il est important d’être vigilant sur plusieurs points, dont voici les principaux. Tout d’abord, il est essentiel de bien choisir son cartomancien. Cela peut sembler évident, mais ce point est très important si l’on souhaite que la consultation se passe au mieux. Penser que tous les cartomanciens se valent au sens où ils proposent tous la même chose est une erreur très répandue. Bien sûr, rien n’est moins vrai : tout dépend de l’expérience de chacun, mais aussi de l’approche que les professionnels adoptent et développent dans leur pratique. Dès lors, le consultant doit se poser la question de savoir quel type de consultation il recherche : souhaite-t-il une approche rationnelle, qui se fonde sur la connaissance des cartes et l’analyse de sa situation et de ses possibilités d’évolution, ou des réponses toutes faites qui le dépossèdent de sa situation et l’enferment dans une dynamique fataliste ? Si le consultant s’attend à la première approche, il sera fort déçu de se trouver face à un cartomancien qui pratique la seconde… et vice versa ! C’est pourquoi il est indispensable de bien se renseigner avant de prendre rendez-vous. Pour cela, je recommande de lire attentivement le site du professionnel que l’on souhaite consulter afin de vérifier que sa démarche et ses conditions nous conviennent. Voilà qui permettra d’éviter bien des déceptions !

Ensuite, il est important de ne pas venir en consultation avec des attentes irréalistes. Trop nombreux sont ceux qui voient en le cartomancien un faiseur de miracles, ce qui donne lieu à bien des malentendus. Par exemple, il ne faut pas s’attendre à ce que le cartomancien trouve pour le consultant les solutions à ses problèmes, pas plus qu’il ne faut s’attendre à ce qu’il prédise un avenir qui se réalisera quoi qu’il arrive. Consulter est une démarche qui doit marquer la volonté d’avoir une vue d’ensemble d’une situation, et surtout celle de mettre au jour des éléments qui permettront de trouver les solutions et les suites appropriées à y apporter. À l’aide de ses cartes, l’interprète met en lumière les problématiques qui se posent et les dynamiques qui régissent la situation du consultant afin de lui offrir le panorama le plus large possible, ce qui l’aidera à établir les stratégies qui lui conviendront. Grâce aux cartes, on a un aperçu plus ou moins fouillé – c’est selon les tirages pratiqués – des possibilités d’action qui sont à la portée du consultant mais dans tous les cas, c’est à lui de prendre les décisions et de voir dans quel sens il veut agir. Par conséquent, il ne faut pas attendre du cartomancien qu’il livre des solutions toutes faites ou qu’il dise au consultant ce qu’il doit faire.

De la même façon, il est important de toujours garder à l’esprit qu’en posant une question on s’expose à la possibilité d’obtenir une réponse qui ne nous convient pas ou ne nous plaît pas. Bien que cela puisse être décevant, il est important de comprendre que le cartomancien n’est pas là uniquement pour nous dire ce que l’on a envie d’entendre. C’est pourquoi il faut rester ouvert d’esprit et être conscient que l’on peut entendre des choses qui nous déplaisent, y compris sur soi-même ! Lorsqu’on consulte, il faut donc être prêt à se remettre en question et à réfléchir de façon objective à certains points soulevés par les tirages.

Il ne faut pas non plus s’attendre à ressortir de la consultation avec toutes les réponses à ses questions, et encore moins avec des réponses définitives. Bien souvent, on arrive avec un ensemble de questions… et l’on repart avec d’autres ! Voilà qui permet au consultant de réorienter ses réflexions et les pistes qui le mèneront à la résolution de ses problèmes. Il repart donc avec des interrogations et des pistes de réflexion mieux adaptées aux situations qu’il cherche à résoudre. Il est ainsi sur la bonne voie pour établir les stratégies adéquates qui l’aideront à dépasser ses difficultés. À lui ensuite d’agir comme bon lui semble tout en gardant à l’esprit que c’est bien lui – et non les cartes, pas plus que le cartomancien – qui décide des suites à donner à sa situation et qu’en ce sens, il est responsable de ses propres choix… et de leurs conséquences !

Sur le plan pratique, je recommande à tous les consultants de venir avec de quoi prendre des notes, car fixer les grandes lignes de ce qui se dit au cours de la consultation peut être intéressant au cas où l’on souhaite s’y replonger un peu plus tard, notamment pour faire un bilan quant à l’évolution de la situation. Enfin, cela peut paraître évident, mais il ne faut pas hésiter à poser des questions si l’on ne comprend pas ce qui est dit ! L’intérêt d’une consultation, c’est de repartir avec des informations utiles. Et pour qu’elles soient utiles, il est indispensable qu’elles soient formulées dans un langage que l’on comprend ! C’est pourquoi je recommande de demander des précisions ou de nouvelles explications au cartomancien lorsque ce qu’il nous dit semble énigmatique. Normalement, il se fera un plaisir de reformuler ses propos afin de les rendre plus accessibles à son interlocuteur.

 

  1. Comment reconnaitre une bonne consultation d’une mauvaise ?

 

une bonne consultation d'une mauvaisePlusieurs points permettent de reconnaître une bonne consultation. Certains concernent l’organisation et la mise en place de la consultation tandis que d’autres sont relatifs à son déroulement à proprement parler.

Pour ce qui est de la mise en place de la consultation, il est tout d’abord important de prendre rendez-vous. Ainsi, le cartomancien peut préparer la consultation en sélectionnant des tirages qui permettront de répondre aux questionnements du consultant, et le consultant peut rassembler ses idées afin d’être certain de savoir ce qu’il veut lors de la consultation. Ce travail en amont est important car une consultation ne s’improvise pas : il s’agit d’une démarche que l’on va entreprendre pour apporter des réponses et des pistes de réflexion à une problématique donnée. Dès lors, il est essentiel de construire un cheminement qui apportera des éléments pertinents au consultant. Bien sûr, la consultation préparée peut être – et sera sûrement – réajustée lorsque consultant et cartomancien seront face à face, mais en tracer les grandes lignes à l’avance aide l’un et l’autre à cerner les préoccupations et les situations à examiner.

Une consultation bien préparée et bien cadrée évite aussi les mauvaises surprises, notamment en termes de prix, et c’est bien sûr l’un des points à considérer. Le consultant doit savoir à l’avance – dès la prise de rendez-vous – combien il va payer. Il est impensable d’imaginer qu’un consultant puisse s’inquiéter pendant toute la consultation du prix qu’il devra régler à la fin de la prestation, et ce pour plusieurs raisons. La plus évidente est une question de respect du consultant sur le plan commercial. Il doit savoir à quoi – et à combien – il s’engage avant d’être mis au pied du mur en fin de consultation lorsqu’on lui annonce le prix à payer. Cet accord commercial doit être conclu dès la prise de rendez-vous et respecté en fin de consultation si rien n’est modifié ou ajouté au niveau de la prestation initialement prévue. La deuxième raison est elle aussi une question de respect du consultant, sur le plan humain cette fois. En effet, le consultant ne doit pas s’inquiéter du prix à payer durant la consultation car cette préoccupation en tête, il ne serait pas totalement réceptif à ce qui y est dit. Or, s’il consulte, c’est justement pour tirer le meilleur parti de ce qui peut lui être révélé par le biais des cartes, et il est important qu’il puisse avoir l’esprit libre pour se concentrer pleinement sur ce qui est dit et en saisir les nuances et les enjeux.

De la formulation des questions au langage employé par le cartomancien et à son attitude, le déroulement de la consultation est lui aussi révélateur de sa qualité. Le cartomancien doit aider le consultant à formuler les questions de façon à ce qu’elles soient pertinentes et intéressantes dans l’optique d’une analyse par les cartes. L’interprète doit donc concilier les demandes du consultant et les possibilités qu’offrent les cartes afin d’obtenir des questions qui permettront de mettre en lumière des éléments qui aideront le consultant à avancer. Ainsi, on évitera les questions fermées – c’est-à-dire dont les réponses sont nécessairement « oui » ou « non » – car les cartes ne sont pas un système divinatoire admettant de telles réponses : au contraire, elles sont avant tout des outils d’analyse qui aident à comprendre les situations et à prendre conscience de leurs aspects cachés afin de pouvoir y réagir au mieux. Elles ne peuvent donc apporter des réponses définitives et sans nuances ou ne se prêtant pas à la prise de décision.

De la même manière, il revient au cartomancien de cadrer la consultation afin que celle-ci ne s’éloigne pas de ce qui a été demandé au départ ou ne dévie pas vers des demandes inappropriées. Pour cela, il devra s’assurer de respecter l’éthique qu’il s’est fixée et qui garantit au consultant une consultation saine et sécurisante.

Ensuite, une bonne consultation se reconnaît aussi au langage employé par le cartomancien et à la manière dont il délivre les informations. Non seulement l’interprète ne doit en aucun cas émettre de jugement – quel qu’il soit – sur le consultant, sa situation, son mode de vie, son orientation sexuelle, etc., mais il est également exclu qu’il adopte un discours visant à diriger sciemment les choix et les décisions du consultant. Ces aspects sont souvent très subtils, car certains jugements ne sont pas forcément volontaires mais sont plutôt ancrés dans les schémas mentaux qui accompagnent chacun de nous. Par sa position et sa fonction, le cartomancien doit être très vigilant sur ce point et surtout ne pas calquer la vie du consultant – ou, du moins, ce qu’il croit en connaître ou en comprendre – sur ses propres schémas et convictions. Ainsi, il s’efforcera de rester neutre et factuel pour ce qui est d’évoquer les événements mis en relief par les cartes : il ne les présentera pas comme « bons » ou « mauvais » et gardera à l’esprit que tout événement peut être perçu et vécu de manière différente selon les personnes. Ce qui est « bon » pour l’un ne l’est pas nécessairement pour quelqu’un d’autre.

Dans son discours, le cartomancien doit également veiller à ne pas orienter les choix du consultant et surtout à ne pas décider à sa place ! L’interprète est là pour déchiffrer les messages des cartes et pour les traduire au consultant. Aussi, il doit les présenter de la manière la plus fidèle possible, mais aussi la plus neutre. Dans la mesure où il ne connaît de la vie du consultant que ce que celui-ci a bien voulu lui en dire, il n’est pas le mieux placé pour savoir ce que ce dernier doit faire. C’est pourquoi il bannira de son discours les formules telles que « vous devez faire ceci », « vous devriez faire cela », ou pire, « si j’étais vous… », « si j’étais à votre place… ». La seule personne qui sait ce que vit le consultant avec tout ce que cela comporte (événements, implication émotionnelle, sentiments, etc.), c’est le consultant lui-même !

Enfin, une bonne consultation doit faire émerger des pistes de réflexion et des éléments de réponse aux questions posées par le consultant. Il est bien sûr possible que le consultant n’obtienne pas de réponse concrète ou précise mais lorsque cela se produit, il repartira avec d’autres questions qui seront plus adaptées à sa situation et qui l’aideront à progresser. Dans tous les cas, la consultation doit mettre en avant ses possibilités d’action et le responsabiliser par rapport à ses décisions : c’est lui et lui seul qui a les cartes en main pour savoir ce qu’il veut faire suite à ce qui lui aura été dit. Une consultation – et, par extension, un cartomancien – ne doit jamais déposséder le consultant de sa situation ou de ses décisions, bien au contraire : lorsqu’il en sort, il doit avoir conscience de sa marge de manœuvre et être en mesure de réfléchir par lui-même pour prendre ensuite les décisions qui selon lui mèneront à la résolution de ses soucis.

 

  1. Le mot de la fin 🙂

 

le dernier mot de Morrigann MoonshadowPour terminer, je tiens à remercier Michelle Lopez, qui est à l’initiative de cette interview. Grâce à ses questions intéressantes, j’ai eu beaucoup de plaisir à me prêter au jeu et à composer mes réponses, qui je l’espère apporteront aux passionnés et aux curieux des éléments de réflexion sur la cartomancie, sa pratique et son apprentissage. Je suis toujours très heureuse de pouvoir partager ma passion pour cette discipline méconnue et j’espère avoir réussi à mettre en valeur ici quelques-unes de ses richesses. Merci à Michelle de m’avoir permis de m’exprimer sur son blog et de contribuer ainsi à faire connaître certains aspects de la cartomancie qui sont souvent passés sous silence.

Je remercie aussi bien sûr toutes les personnes qui m’ont soutenue – et me soutiennent encore – dans ma démarche professionnelle, car c’est en grande partie grâce à elles que j’ai pu sauter le pas pour faire de ma passion mon métier. Cela n’aurait pas été possible sans des lecteurs assidus et aujourd’hui sans des consultants et des élèves qui font connaître mon travail autour d’eux, et je ne peux que leur en être reconnaissante. Bien sûr, l’aventure continue et j’aurai très prochainement l’occasion de révéler des projets qui me tiennent à cœur et se concrétisent peu à peu, mais aussi de publier de nouveaux contenus sur mon blog et sur mon site qui, je l’espère, plairont.

Enfin, je ne peux qu’encourager les passionnés de cartomancie à poursuivre leur apprentissage inlassablement, et ce quel que soit leur degré d’expertise. En effet, peu importe le nombre d’années de pratique, les différents supports continuent d’émerveiller ceux qui les manipulent à l’infini car quelles que soient les connaissances que l’on a acquises, d’autres se révèlent peu à peu. Nul ne peut tout savoir à propos d’un jeu divinatoire, par plus qu’il ne peut en connaître toutes les nuances, et c’est en partie ce qui fait de la cartomancie une discipline aussi fascinante. Certains auront envie de professionnaliser leur activité tandis que d’autres préféreront continuer à pratiquer en amateur. Au final, la forme que prendra la pratique de chacun n’a pas beaucoup d’importance du moment que l’on accepte de s’engager dans une voie d’apprentissage sans fin et que l’on est guidé par la passion et par l’envie d’apprendre !

 

 

Je reprends la main, wouah que dire de cet interview !

Je me suis régalée à partager cet article avec vous et bien évidemment c’est moi qui remercie Morrigann Moonshadow d’avoir accepté ma proposition d’interview mais aussi d’avoir apporté une réponse aussi complète !

J’espère en tout cas que cet article a pu vous apporter un éclaircissement sur la pratique des arts divinatoires.

Je vous dis à très bientôt et surtout n’hésitez pas à laisser un commentaire sur le blog !!

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